Samedi 23 avril 2016: monuments et paysages de Touraine et d`Anjou

Confluence Loire Vienne à Candes Saint MartinPoint de vue de la Vienne vers la Loire

P1040360Beau village de Candes Saint Martin

candes st martinAu bord de l`eau

candes st martinpetit jardin

Candes Saint MartinLa collégiale

http://www.collegialedecandes.fr/

Le 8 novembre 397, saint Martin, évêque de Tours, rend son dernier souffle à Candes, petite paroisse qu’il avait fondée aux confins de la Touraine, du Poitou et de l’Anjou. Son corps est ensuite transporté jusqu’à Tours, mais le souvenir de sa mort fait rapidement de Candes un haut-lieu de pèlerinage. La collégiale actuelle a été construite pour l’essentiel entre 1175 et 1225, elle a ensuite été fortifiée au XVe siècle

candes st martin tombe« Ici est mort Saint Martin le 8 novembre 397 » : une simple dalle, au sol de la chapelle Saint-Martin, marque l’emplacement où s’est éteint l’évêque de Tours. Le récit de sa mort nous a été laissé par Sulpice Sévère. Dans la « Lettre à Bassula », le biographe de Martin nous dépeint l’évêque de Tours, pasteur d’âmes jusque sur son lit de cendres.

S’en suit une vive altercation entre Poitevins et Tourangeaux qui se disputent tous deux le corps de Martin. Le vitrail latéral de la chapelle Saint-Martin représente l’enlèvement du corps par les Tourangeaux. Le récit de cet épisode rocambolesque nous a été laissé par un successeur de Martin : Grégoire, évêque de Tours.

candes st martin vitrailvitrail relatant le voyage de la dépouille de St Martin vers ToursP1040382

Au passage du corps de Martin, la nature refleurit : c’est « l’été de la Saint-Martin ». L’ancien officier romain est enterré dans la cité dont il était évêque, mais le souvenir de sa mort fait rapidement de Candes un haut lieu de pèlerinage.

Abbaye de FontevraudL'abbaye Notre-Dame de Fontevraud est une ancienne abbaye d'inspiration bénédictine, siège de l'ordre de Fontevraud, fondée en 1101 par Robert d'Arbrissel et située à Fontevraud, près de Saumur en Anjou (actuel Maine-et-Loire). Site de 13 ha établi à la frontière angevine du Poitou et de la Touraine, elle est l'une des plus grandes cités monastiques d'Europe1.

Initialement monastère mixte, accueillant femmes et hommes au sein des mêmes bâtiments, puis agrandi en monastère double dans l'esprit de la réforme grégorienne, l'abbaye de Fontevraud va s'attirer la protection des comtes d'Anjou puis de la dynastie des Plantagenêts qui en feront leur nécropole. Après un déclin à partir du XIIIe siècle, l'abbaye est dirigée pendant presque deux siècles par des abbesses issues de la famille royale des Bourbons. La Révolution française porte un coup d'arrêt définitif à l'établissement religieux qui se transforme en établissement pénitentiaire jusqu'en 1963. Les différentes rénovations des édifices débutent dès le XIXe siècle après le classement de l'abbaye au titre des monuments historiques en 18402 et se poursuivent jusqu'à nos jours. En 2000, l'abbaye de Fontevraud est classée au patrimoine mondial de l'Unesco avec l'ensemble du site culturel du Val de Loire.

L'ensemble monastique se compose aujourd'hui des deux monastères encore subsistants sur les quatre d'origine. Le plus important est le monastère du Grand-Moûtier, ouvert au public, qui héberge l'église abbatiale, la cuisine romane et la chapelle Saint-Benoît du XIIe siècle, ainsi que le cloître, les bâtiments conventuels, dont la salle capitulaire, et les infirmeries du XVIe siècle. Certains des bâtiments hébergent aujourd'hui des salles de séminaire. Le prieuré Saint-Lazare, dont l'église date du XIIe siècle, a été transformé en résidence hôtelière.

Abbaye de Fontevraud gisantgisants d`Aliénor d`Aquitaine et d`Henri II Plantagenêt

La transformation de l'abbaye en nécropole dynastique des Plantagenêts participe grandement à son développement. Henri II, marié à Aliénor en 1152, y fait sa première visite le 21 mai 1154. Le couple confie à l'abbaye ses deux plus jeunes enfants : Jeanne, née en 1165, et Jean, futur roi d'Angleterre17. Ce dernier quitte l'abbaye après cinq ans, tandis que Jeanne ne la quitte qu'en 1176, pour son mariage. En 1180, Henri II finance la construction de l'église paroissiale de Fontevraud, l'église Saint-Michel, construite près de l'abbaye12. En 1189, épuisé moralement et physiquement par la guerre que lui mènent ses fils et le roi de France, Henri II meurt à Chinon. Aucune disposition n'avait été prise pour préparer les funérailles. Bien que l'ancien roi ait pu parler d'être enterré à Grandmont, dans le Limousin, il est difficile de transporter le corps en plein été et personne ne souhaite prendre le temps du voyage. Fontevraud est alors choisie par commodité, afin de parer au plus pressé18.

Richard Cœur de Lion meurt le 6 avril 1199, à Châlus-Chabrol. Sur le choix de sa mère Aliénor, la dépouille est conduite à Fontevraud et enterrée le 11 avril aux côtés de son père. Jean Favier émet l'idée qu'avec ce choix, Aliénor souhaite créer une nécropole dynastique, sur les terres ancestrales de la famille Plantagenêt, mais également à la frontière avec le Poitou, et l'Aquitaine, sa terre natale19. Jeanne, affectée par la mort de son frère, se rend à Rouen auprès de son frère cadet, Jean. Enceinte et affaiblie, elle finit par se retirer à Fontevraud et y meurt le 11 juillet 1199 en donnant naissance à un enfant, Richard, qui vivra juste assez pour être baptisé20.

En 1200, de retour de Castille, Aliénor décide, à plus de 80 ans, de se retirer de manière quasiment définitive à Fontevraud. Elle meurt quatre ans plus tard, le 1er avril 1204 à Poitiers, et est enterrée aux côtés de son mari, de son fils Richard et de sa fille Jeanne21. Après la mort d'Aliénor, ses fils et petit-fils continuent de considérer l'abbaye comme une nécropole familiale. En 1250, Raymond, comte de Toulouse et fils de Jeanne, est enterré à sa demande auprès de sa mère. En 1254, Henri III, fils de Jean, organise le transfert de la dépouille de sa mère Isabelle d'Angoulême, alors enterrée en Angoumois à l'abbaye Notre-Dame de La Couronne, jusqu'à Fontevraud. Son cœur y est déposé à sa mort22.

P1040403Alpha et Oméga, Dieu quoi !

Abbaye de Fontevraudc`est immense!

P1040409Salle du chapitre et des raporteuses !

La salle capitulaire, ou salle du chapitre, est la salle où la communauté religieuse se réunit quotidiennement. Au matin, on y discute de l'actualité de l'abbaye : admission au noviciat, élection, réception de personnalité, lecture des annonces ou proclamations de l'évêque ou du pape. En soirée, on y lit un chapitre de la règle ainsi que des textes édifiants. C'est le lieu le plus important concernant l'organisation de la vie monastique76.

La salle capitulaire actuelle de Fontevraud a été érigée sous l'abbatiat de Louise de Bourbon, entre 1534 et 1575 à partir de 1541. Elle est constituée d'une voûte d'ogives à six travées retombant sur des culots ainsi que sur deux colonnes, courtes et fines. Elle s'ouvre par un portail richement orné ainsi que par deux baies géminées de part et d'autre de celui-ci77.

Les peintures de la salle ont été réalisées par Thomas Pot vers 1565. Elles représentent la Passion du Christ jusqu'à l'Assomption de la Vierge. À l'origine, Thomas Pot représente Renée (à la gauche de Jésus) et Louise de Bourbon (à la droite de Jésus Christ) au milieu des scènes du Nouveau Testamentla crucifixion. Par la suite, d'autres abbesses de Fontevraud sont rajoutées aux différentes scènes78. Les peintures sont fortement dégradées ou partiellement détruites lors de la transformation de la salle en magasin à vivres au XIXe siècle. L'aménagement d'une cuisine dans la salle de la communauté participe à faire naître des conditions d'humidité dommageables79. Une première campagne de restauration des peintures est entamée en 1952 à l'initiative de l'inspecteur des Monuments historiques, Pierre-Marie Auzas. Le restaurateur Gaston Chauffrey décrit en octobre 1952 les peintures comme « très malades », mais leur donne selon lui un « aspect satisfaisant » et une lisibilité à la fin de son travail en juin 195380. En 1969, Pierre-Marie Auzas s'alarme une nouvelle fois des dégradations causées par la fuite d'une citerne, notant que par endroit, « la pierre est pulvérisée et la peinture s'épluche ». Plusieurs bilans sanitaires et examens sont mis en place pour étudier les dégradations et proposer les mesures de restauration adéquates. Les premiers travaux de restauration débutent en juin 1978 par la scène de la Crucifixion, et se terminent en 198481. Mais en 1986, on constate des décollements dus au mauvais vieillissement du vernis de protection. Une nouvelle campagne de restauration est lancée en 1990. Les peintures sont désormais mieux documentées. Les restaurateurs peuvent notamment s'appuyer sur les reproductions des portraits des abbesses réalisées à l'initiative de François Roger de Gaignières au XVIIe siècle. Les restaurations sont terminées en 199182.

Abbaye de FontevraudCloitre

Abbaye de Fontevraud refectoireRéfectoire

P1040413CUISINES

Vue extérieure du bâtiment.

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Le bâtiment a été construit entre 1160 et 117012, à l'angle sud-ouest du cloître, dans la continuation du réfectoire.

La cuisine contient huit absidioles, dont cinq sont encore conservées. Elle se fonde sur un carré s'élevant de chaque côté en arc légèrement brisé, complété par un octogone dont chaque angle est constitué d'une colonne engagée. Chaque côté de l'octogone accueille une absidiole, chacune ouverte de trois petites baies et hébergeant une hotte. Grâce à un système de trompes, le carré d'arc brisé soutient la cheminée centrale83.

La destination exacte de la cuisine fait débat. Eugène Viollet-le-Duc propose, dans son Dictionnaire raisonné de l’architecture française, une théorie sur l'évacuation de la fumée par les différentes cheminées, partant du principe que chaque absidiole était utilisée comme foyer84. L'historien de l'art Michel Melot propose comme hypothèse l'utilisation du bâtiment comme fumoir85.

P1040423Ambiance bleutée dans les souterrains

P1040430Ambiance du grand dortoir, bonne nuit!

Abbaye de Fontevraud trouvez la bete Dernière découverte!!

Merci à Frédéric, Pascal, Françoise et sa copine pour leur participation !

Toutes les photos sont dans l`album ci-contre.

Virginie